dimanche 30 mars 2008

Vers une virtualisation du web belge ?

Même s'il ne s'agit pas du premier accord du genre, ni du premier site qui serait "exporté" vers la belgique (je pense à Aufeminin.com), on ne peut qu'être incité à la réflexion face à ce deal marketing entre HiMedia et Telenet :
http://www.digimedia.be/detail05fr.asp?Id=5799

A terme, on peut en effet se demander si le web belge ne va pas se résumer à un "export" de site français (Auféminin.com, etc) et hollandais ( tweakers.net, etc). Ces sites se retrouvent considérés comme "belges" par les annonceurs et agences médias, et présents dans les résultats quotidiens de Metriweb : ces sites utilisent en effet le geotargetting et mesurent alors uniquement les "visiteurs belges" dans leur traffic - créant de facto un sous ensemble de leur audience - mesuré et certifié au CIM - et dont il est possible de vendre l'espace display à des annonceurs... belges.
Sur du contenu qui quoiqu'on en dise restera du contenu qui n'a pas été spécifiquement réalisé pour la belgique, et qui concurrence rudement le contenu "belgo belge".

Il s'agit en tout cas d'une évolution à garder à l'œil dans un petit pays comme le nôtre.

Metriweb

Pour ce premier billet, parlons un peu de Metriweb.
Metriweb est la version « internet » de la mesure d’audience du CIM, qui évalue les tirages des magazines, ou les audiences TV Belges.
Pour adhérer au « club » des sites dont l’audience est mesurée par le CIM, il faut être membre de leur ASBL. Pour des raisons essentiellement historiques, le CIM est considéré comme « la » référence impartiale pour mesurer l’audience des sites belges. Les sites insèrent un « tag » javascript, et les serveurs Metriweb mesurent l’audience. Les agences médias, membres sur CIM (elles payent elles aussi) peuvent consulter le rapport et sont censées prendre des décisions d‘achat d’espace publicitaire sur base de cette information.

Même si les publications concernant ce système sont rares, j’ose me permettre ce billet.

Avant tout : Metriweb coute cher. Une cotisation fixe annuelle, par site, de 700 EUR et en plus une tarification au visiteur unique mensuel, en bref il en coutera entre 1000 et 3000 EUR annuels à tout site de petite importance de se faire CIMer. Ce montant peut devenir astronomique pour des sites portails ou famille de sites.

Les rapports obtenus sont minimaux si on les compare à des solutions… Gratuites. Metriweb consiste en des rapports succincts d’audience (visiteurs uniques, pagevues), concernant les 24 heures précédentes, disponibles seulement l’après midi du lendemain. Techniquement, en plus de leur lenteur d’obtention, ces rapports sont peu utiles aux webmastersn bien que très bien présentés pour un public « management level ». L’analyse du code source des grands sites belges montre qu’ils taggent leur site avec Metriweb et avec une solution d’analyse plus poussée, en général Google Analytics.

Quid des abus ? Plusieurs sites ont en effet rapidement analysé le code, détecté les limites du système, et triché avec les tags pour gonfler leur audience. Officiellement, ces problèmes sont résolus. Officieusement, il en va tout autrement, et même si encore une fois l’information est quasi absente, certaine « grandes gueules » du web n’ont pas hésité à cracher dans la soupe :
http://www.marketingblog.eu/marketingblog/2007/02/zattevrienden_s.html
Au-delà des allégations de ZV sur ses concurrents, au moins une chose est sûre avec le cas « Zv » : ce site a été considéré officiellement par Metriweb comme étant le 4ème site le plus consulté de ce pays. C’est à mon sens plus que douteux. ZV a, à mon avis, abusé du système via un réseau de sites placé sous le même domaine, sites ayant peu de rapport avec le contenu initial (galeries pornographiques, traffic majoritairement international et non belge) mais tout le contenu de sous-sites se retrouve CIMé comme étant « ZV ». Si tous les sites jouaient a ce petit jeu, il créeraient un site satellite d’hébergement gratuit d’image ou XXX et leur « audience » serait assurée…

Dans l’autre sens, le CIM aurait tendance a sous évaluer l’audience des sites web. Le cookie du CIM est considéré comme un spyware dans de nombreux antivirus, certains « adblockers » bloquent le cookie du CIM au même titre que les cookies de sites beaucoup plus nauséabonds. Bien sûr il s’agit de fantasme et d’objection de conscience de certains intégristes de la « vie privée » du web. Cependant on ne peut que se demande comment Metriweb a réussi à obtenir une si mauvaise réputation si loin de Belgique !
http://www.econsultant.com/spyware-database/m/metriweb.html

D’autres critiques ciblent enfin, et à juste titre, les aspects techniques. Par intermittence ; une certaine lenteur du système :
http://www.informaticien.be/forum_topic-3982-Pourquoi_Metriweb_o.html
En effet, on parle ici d’un système pratiquement « imposé », il doit comptabiliser des millions de VU par jour – et s’intégrer dans des sites qui sont parfois à la pointe du web 2.0.
A-t-il dès lors les reins solides ?
On ne peut que s’étonner que Metriweb soit délégué à une structure de petite envergure dont la seule activité semble être de maintenir Metriweb.
On suivra avec intérêt la récente « spinoff » de Metriweb, poussée hors de l’enceinte du CIM pour des raisons de conflit d’intérêt évidentes (le CIM est juge et partie) et aussi sans aucune doute suite à un certain agacement des éditeurs face aux problèmes techniques récents.

Metriweb se doit d’évoluer. Techniquement ; est il opportun de maintenir une plateforme belge proposant des statistiques ? Le rôle des éditeurs belges est-il de maintenir en vie Metriweb à leurs frais ? Pourquoi ne pas envisager une coopération avec Google Analytics – le standard de facto de tous les sites web de ce pays, en particulier pour éviter le double tagging actuel ?